Y a-t-il un flic pour sauver le machin ?
20/10/2009 – 21:46Sous-Lieutenant Piotr Marat Karpov
Y a-t-il un flic pour sauver le machin ?
Dimanche 18 octobre 2009
Le 24 septembre 2009, le colonel Muammar Al Kadhafi a prononcé un discours à la tribune de l’ONU dont, curieusement, on ne trouve nulle trace de traduction française intégrale dans les médias ou sur la Toile. Pour pallier cette regrettable lacune, le Sous-Lieutenant Piotr Marat Karpov se propose de vous en livrer quelques extraits :
Attention : le texte qui suit n’est qu’une reconstitution.
« Faire de moi un personnage folklorique inquiétant, un peu comme le grand méchant loup de vos contes pour enfants, cela plaît aux médias occidentaux. Naturellement, ils ont le culot de prétendre ainsi faire leur travail !
Vous pouvez compter sur eux pour ne pas rapporter quoi que ce soit du fond de ce que je dis, et pour n’en détailler que les aspects spectaculaires, comme le fait de déchirer la charte des Nations Unies, ce petit papier ridicule, ce que je fais devant vous. »
Il s’exécute.
« Les Occidentaux me décrivent comme un “terroriste” et après avoir lâché ce grand mot — qui a pourtant, les concernant, une histoire éloquente — ils imaginent en avoir fini avec le terrorisme réel, avec les problèmes de l’Afrique et des pays pauvres ; ils pensent exorciser l’injustice dans le monde et la manière atroce dont les grandes puissances impérialistes usent de leur pouvoir de destruction massive.
L’ONU, cette organisation qui, non seulement, n’a pas empêché les guerres et les massacres de civils, mais qui au contraire les a favorisés, ose me donner un quart d’heure de parole et considérer que je devrais la remercier à genou. Eh bien, je parlerai le temps qu’il faudra ! »
Il prononce un discours de presque deux heures.
« Évoquons, tout d’abord, cette ONU et son “Conseil de sécurité”. De quelle “sécurité” est-il question, sinon de celle du monde occidental ? L’ONU telle qu’elle existe ne nous intéresse pas. Depuis sa création, il y a eu environ soixante-cinq guerres. Non seulement l’Organisation n’a pas pu les empêcher, mais en plus certaines grandes puissances y ont contribué — voire directement participé.
Donc, le Conseil assure cette “sécurité” des grands pays néo-colonialistes au détriment de celle du reste du monde. Par exemple, le “droit de Veto” permet aux membres de ce “Conseil” de déclencher la plupart des guerres pour préserver leurs intérêts. Ce “droit de veto” est contraire à la charte de l’ONU ; à maintes reprises, il a été utilisé par trois ou quatre pays pour éviter les guerres en Europe à un moment où la plupart des pays du Sud étaient colonisés. Cela jette le doute sur la légitimité des pays membres permanents (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine et Russie). Qui a donné à ces pays droit de veto ? Dans la charte de l’ONU, il est dit que nous sommes tous égaux. Le sommes-nous ? Voilà pourquoi devant vous j’ai déchiré le livret du texte constitutionnel des Nations Unies. Je voudrais savoir comment les autres pays ont obtenu ces sièges permanents au conseil de sécurité des Nations Unies. Qui les a élus ? C’est illégal, dictatorial. Par conséquent, nous ne reconnaissons pas ça. »

« J’envisage la possibilité que la Libye se retire de l’ONU, à moins que les prérogatives du Conseil de sécurité ne soient transférées à l’Assemblée générale des Nations Unies. Vous, les chefs d’État, vous êtes comme des décors, on se moque de vous. Vous êtes là seulement pour prononcer des discours ; et pas plus. »
Applaudissements vifs.
« Ces gens-là ont besoin de nous s’ils veulent nous exploiter pour blâmer un pays faible, autrement dit, on nous marginalise. De nous, ils s’en foutent ! Soit nous sommes véritablement égaux, soit nous nous retirons pour créer une autre organisation. Nous ne pouvons accepter qu’on nous impose des sièges permanents, utilisés pour nous combattre systématiquement.
Depuis sa création, le Conseil de sécurité ne nous procure aucune sécurité ; au contraire, il nous impose les sanctions et la terreur. Il est utilisé contre nous comme une arme. Il ne devrait pas être appelé Conseil de sécurité, mais “Conseil de la terreur.”
Le Conseil de sécurité n’a jamais condamné un de ses membres. Par le passé, nous l’avons accepté parce que nous n’étions pas présents et l’on nous a fait porter des vêtements datant de 1940 ; quand trois ou quatre pays ont voulu se protéger contre l’Allemagne, mais maintenant plus jamais ! Il est hors de question d’accepter ce diktat un jour de plus.
L’Afrique mérite un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies. »
Applaudissements.
« En outre, nous demandons aux pays qui ont colonisé les nations africaines de leur verser une indemnisation de 777 milliards de dollars. Il est inconcevable de ne pas avoir encore donné des sièges permanents au Conseil de sécurité à toutes les organisations régionales comme les pays Non-alignés, l’Union africaine, la Ligue arabe, l’Union des ex-pays soviétiques, l’Union européenne, l’Amérique latine.
Je propose le transfert du siège de l’ONU ailleurs qu’ici, à New York. Pourquoi pas Vienne, Pékin, New Delhi ou Syrte en Libye ? Prenez garde : il existe un fort risque d’attentat contre le siège des Nations unies. Nous détenons des informations sérieuses, livrées par des membres d’Al-Qaïda emprisonnés en Libye, informations indiquant que le siège de l’ONU est la prochaine cible d’Al-Qaïda.
Qui sont-ils, les véritables terroristes, sinon les grands empires qui utilisent des bombes atomiques ? Bien que la nouvelle politique du président américain soit quelque peu rassurante. Il faut admettre que l’actuel président Obama a changé de langage par rapport à ses prédécesseurs, qui utilisaient systématiquement un langage de peur et de terrorisme.
Je propose une enquête sur toutes les guerres provoquées par les grandes puissances en Irak comme en Afghanistan, à Gaza, à Grenade, au Vietnam, à Panama. Posons-nous la question des circonstances de l’exécution de l’ex-président irakien Saddam Hussein ! Qui l’a exécuté le jour de la Grande Fête irakienne ? Pourquoi ses exécuteurs étaient-ils masqués ? Autant d’interrogations négligées par l’ONU.
En ce qui concerne le conflit entre l’Inde et le Pakistan sur le Cachemire, la solution serait un Cachemire indépendant, qui agirait comme État tampon entre les deux belligérants.
Le 11 septembre 2001, aucun Afghan n’a attaqué les États-Unis. L’objectif taliban de constituer un État islamique ne constituait pas une menace réelle. Si les talibans veulent instituer un État religieux, d’accord, comme le Vatican. Le Vatican constitue-t-il un danger contre nous ? Non, bien entendu. Si les talibans veulent créer un émirat islamique, qui prétend qu’ils sont l’ennemi à abattre ?
Tout en condamnant l’invasion de Panama par les États-Unis d’Amérique, je demande la libération immédiate de l’ex-président panaméen Noriega.
Pourquoi l’assassinat de Kennedy et d’autres crimes importants n’ont-ils jamais été élucidés ? Pourquoi leurs commanditaires n’ont-ils pas été inquiétés, notamment concernant des chefs d’État et des chefs politiques tels que Patrice Lumumba au Congo ?
En Palestine, j’ai toujours dit que la seule solution était un seul pays démocratique dans lequel vivront les deux peuples israélien et palestinien. Ceux qui prétendent le contraire sont des fauteurs de guerre. Créer deux pays était une erreur tragique. En réalité, depuis toujours le monde occidental porte en lui la haine du peuple israélien ; ce n’est pas le monde arabe qui hait les Juifs ; au contraire, ce dernier a apporté son soutien à ce peuple à l’époque où il était persécuté. Les Arabes ont abrité et protégé les Juifs du temps des Romains, lors de leur expulsion d’Andalousie et à l’époque des fours crématoires d’Hitler.
À propos de la crise au Darfour, il s’agit de transformer l’aide internationale en projets de développement réels. L’Occident a compliqué comme à plaisir la situation dans le Darfour, défendant uniquement ses intérêts égoïstes.
Tous les pays qui pêchent dans les eaux territoriales somaliennes, ce sont eux, les véritables “pirates”.
L’AIEA, qui est censé veiller sur la sécurité nucléaire du monde, est totalement partiale. Selon son directeur général en personne, Mohammed El Bardaï, le contrôle de l’Agence ne s’effectue que dans certains pays, et pas dans d’autres, où les inspections sont “interdites”, notamment tous les pays les plus armés sur le plan atomique. Il faut dénucléariser le Moyen-Orient, TOUT le Moyen-Orient.
À cette “justice internationale” dont les pays impérialistes nous rebattent les oreilles, nous disons qu’il est facile d’envoyer leurs anciens protégés Charles Taylor et Hissen Habré à La Haye. Et, pourquoi pas ceux qui sont responsables de la guerre en Irak ? À quand la traduction devant le Tribunal pénal international des responsables israéliens pour crimes de guerre à l’encontre des Palestiniens à Gaza, en territoires occupés et à Sabra et Chatila ? Pourquoi seuls comparaissent ceux dont vous avez détruit les territoires ? Regardez la Yougoslavie sous Tito : elle était unie. Une fois balkanisée, vous l’avez poussée ensuite vers des conflits ethniques, pour masquer la recherche de vos intérêts bien compris.
Si l’on nous parle des Droits de l’homme et de la fameuse convention de Genève, nous voudrions savoir pour quelle raison ils ne s’appliquent pas aux prisons de Guantanamo à Cuba et d’Abou Ghraib en Irak.
Les industries pharmaceutiques sont ouvertement responsables de la prolifération des virus, utilisés comme armes pour produire ensuite les antidotes. Je réclame que ces firmes soient obligées de distribuer gratuitement les vaccins. On peut prévoir que le prochain virus sera “marin” et proviendra de la consommation du poisson.
Certains chefs d’État m’ont informé de leurs difficultés à obtenir des autorisations d’entrée pour leurs délégués. Un copilote d’un chef d’État a été empêché d’entrer en Amérique, en tant que “persona non grata” ! Le garde du corps d’un autre s’est vu refuser le visa ! Un chef d’État est arrivé sans son médecin, empêché de l’accompagner ! On se permet même de nous limiter un périmètre à ne pas dépasser lors de notre séjour à New York ! Qu’est-ce que c’est que ces façons d’agir ? Nous ne sommes pas dans la prison de Guantanamo ! Ceux qui sont déjà venus en Libye savent que la tradition d’hospitalité bannit ces pratiques mesquines. »
Il lance un livret blanc à la figure de son représentant au Conseil de sécurité des Nations Unies.
« Depuis l’invasion de l’Irak par l’armée américaine sans mandat de l’ONU, celle-ci a perdu le peu de crédibilité qui lui restait. Je vous remercie. »
Applaudissements nourris des nations du Sud et des pays non-alignés.
Par Sous-lieutenant Piotr Marat KARPOV — Publié dans : Karpov — Écrire un commentaire
Source : La Condition Humaine

